Lascaux AUTOUR du PASTEL Picasso
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Louis XIV 1715 Louis XV (Régent Louis d'Orléans 1722)
1774 Louis XVI 1792 Convention 1795 Directoire 1799 Consulat

Les Pastellistes au 18 ème siècle

Jean-Siméon Chardin 1699-1779

Chardin nous montre qu'avec le pastel il est aussi possible de faire du médiocre. Un petit talent pour une grande renommée, la pauvreté des thèmes trahissant la faiblesse de la pensée compensée ( !! ) par le souci des apparences. Ses autoportraits, tout en accessoires et en ruban et dont les bésicles évoquent les modernes montures dont s'affublent nos contemporains pour paraître à la télévision.

Jean-Siméon Chardin

Chardin autoportrait

Autoportrait aux bésicles

1771

Ce petit faiseur est si content de son ruban qu'il en décore aussi son épouse Françoise-Marie dont on comprend qu'il n'eut pas d'enfant.

Jean-Siméon Chardin

CHardin

Portrait de Madame Chardin

1775

Et que dire de sa visière !

Jean-Siméon Chardin

Visière

Autoportrait à l'abat-jour

1775

Après cette charge reconnaissons cependant que venu tard, à 70 ans, au pastel, il en a maîtrisé rapidement la technique. Sa carrière précédente avait été faite de natures mortes qui lui avaient valu d'entrer à l'académie par la petite porte, il dépensait d'ailleurs plus d'énergie pour pénétrer les cercles de l'argent et de la renommée que pour trouver des motifs à peindre. Grand faisant et grand faiseur, sa virtuosité technique ayant toujours été éblouissante.
Il savait faire mais ne savait pas quoi faire !

Jacques-Charles Allais 1705 ?-1762 ?

Ce peintre est une énigme : il aurait eu le 1er prix de l'Académie royale en 1726 mais ne serait pas allé à Rome, peut-être confondu avec Pierre Allais, Professeur à l'Académie de Saint-Luc, à moins qu'il s'agisse d'une fratrie car il y a aussi un Louis-Julien, maître de danse; quoi qu'il en soit ses pastels existent et sont d'une excellente facture, ainsi :

Jacques-Charles Allais

Portrait

Portrait d'une actrice

Pastel, 63,8 x 48,2 cm
The Cleveland Museum of Art, don de Edward B. Greene

nb. Il existe aussi une Mlle Allais, ou Hallet, ou Hallé, pastelliste qui pourrait bien être sa fille et la mère de Rosalie Boquet ?

Louis Vigée 1715-1767

Le père de Mme Vigée-Lebrun est un très honnête portraitiste-pastelliste qui vivait de son travail mais dont la discrétion tranche avec l'agitation "m'as-tu-vuiste" de sa fille dont il admirait les dons et la précocité. Il fut tué par une arête de poisson.
Sa production assez conséquente occupe davantage les cabinets particuliers que les musées.

Louis Vigée

Portrait

Femme vêtue en pèlerine

1745, Pastel 62,8 x 52,1 cm

Louis Vigée

Portrait

Madame Louis Vigée (présumée)

1745, Pastel sur papier marouflé sur toile, 66 x 54 cm
Bordeaux, Musée des Beaux-Arts, cliché L. Gauthier F. Deval

Madame Le Sèvre, née Jeanne Maissin, veuve Vigée, dont le portrait, à l'huile, par sa fille (en 88) a été vendu il y a quelques années chez Christie's ; la ressemblance est évidente malgré les marques de l'âge.

Jean Valade 1710-1787

Poitevin, élève de Coypel, Peintre ordinaire du Roy, pastelliste bon portraitiste, soupçonné d'avoir parfois vendu ses oeuvres en les attribuant à des signatures plus prestigieuses. Mal vu des intellectuels il fréquentait les financiers Baudard de Vaudésirs (oui Mesdames) et Faventine dont il portraitura les familles. Nous vous présentons plus particulièrement ce portrait de son compère Loriot :
Loriot est un mécanicien-inventeur génial et touche-à-tout (machines, mortier sous-marin, sidérurgie, hydraulique ...). Il rencontre de La Tour et met au point, avec lui une méthode pour fixer le pastel. Valade présente au salon de 1763 ce portrait dont seule la moitié gauche est fixé, et une partie de la tête, démontrant la non-altération des couleurs.

Jean Valade

Portrait

Portrait de l'ingénieur mécanicien Antoine-Joseph Loriot

1763, Pastel sur papier 80 x 70 cm
© Saint-Quentin, musée Antoine Lécuyer
© Direction des musées de France, 2009 Photo © Dufrêne

Jean Valade

Portrait

Portrait de Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes

Pastel 64,3 x 52,5 cm
Paris, © Musée Carnavalet / Roger-Viollet

En costume de Président de la Cour des Aides. (il avait succédé en 1751 à son père, le Chancelier Guillaume de Lamoignon)
Botaniste de renom, juriste accompli, soutien de Diderot et de l'Encyclopédie, Malesherbes courageux n'hésite pas à contester l'absolutisme de Louis XV-du Barry-Maupéou; une lettre de cachet décidera de son exclusion; rétabli par louis XVI il propose des réformes qui ne se feront pas.
Par devoir et probablement esprit de sacrifice il sera l'avocat de Louis XVI. Il verra, sous la terreur, guillotiner sa fille, son gendre, sa petite fille et son mari, le frère de Chateaubriand, sa soeur aussi (à 76 ans).
Un boulevard c'est bien, mais peut-être pourrions-nous instituer un Jour de la Repentance Nationale. La télévision présenterait le cas d'une des nombreuses victimes de notre iniquité, histoire de mettre un peu de plomb dans la cervelle de nos actuels Fouquier-Tinville, et autres rigolards* qui y sévissent d'ordinaire.
Il est le grand-père de Tocqueville.

* A propos de rigolards : Ce Lamoignon de Malesherbes (botaniste !) avait épousé une demoiselle Grimod de la Reynière (fille de Fermier Général), la tante du gastronome qui était, comme vous savez, né sans doigts, des moignons.

Jean Valade

Portrait

Adélaïde de France

1763, Pastel, 44 x 35 cmcm
Chantilly, © Direction des Musées de France, 1986 © Lynda Frénois

Fille de Louis XV, ce portrait était faussement attribué à De La Tour

Alexis Loyr 1712-1785

3è élément d'une famille d'orfèvres de graveurs et de sculpteurs dont il est le pastelliste.

Alexis Loir III

Portrait

Portrait de Clément Belle (1722-1806)

1779, Pastel sur cuivre, 94 x 74 cm
Musée du Louvre, Photo (C) RMN-Grand Palais / Gérard Blot

Ce portrait, grandeur nature, du surinspecteur des Gobelins, recteur à l'Académie royale et peintre d'histoire talentueux, valut à Loir d'être agréé à l'académie, comme peintre de portrait au pastel, en 1746.
Ah ah ! Vous avez noté une erreur de date, eh bien non, Loir ne fournit sa pièce de réception que 33 années plus tard !

Alexis Loir III

Portrait

Portrait du marquis de Candau

1772, Pastel sur papier, 94 x 74 cm
Pau, musée des beaux-arts

Jean Baptiste Bertrand de Nays, marquis de Candau, né à Bayonne le 29 août 1746 et mort à Orthez le 22 décembre 1803, commandant de la garde nationale (1797), lieutenant des maréchaux de France, ancien capitaine d'infanterie.

Jacques-Philippe Caresme 1734-1796

Il est le fils de Françoise-Aimée Coypel, et nous allons saisir ici l'opportunité de faire le point sur la dynastie des coypel qui fournit, aux 17è et 18è siècles une série étonnante de peintres talentueux.

Le père :
  •
Noël Coypel 1628-1707 qui travaille avec Le Brun et fut Directeur de l'Académie de France à Rome (73-75).

Ses enfants :
  •
Antoine Coypel, 1661-1722, fils de Noël et son élève bien sûr.
  • Noël-Nicolas Coypel 1690-1734, fils tardif de Noël, demi-frère d'Antoine, Rococo brillantissime (voyez L'enlèvement d'Europe au Musée de Philadelphie ou La naissance de Vénus à l'Hermitage).
  • Françoise-Aimée, fille de Noël, épouse de Claude-François Caresme reçut Conseillé amateur à l'Académie Royale le 6 mai 1747, mère du Jacques-Philippe qui nous occupe ici.
  • Anne-Françoise, fille de Noël, épouse de François Dumont, le sculpteur auteur du Titan foudroyé qui est au Louvre, mère d'Edmé Dumont lui aussi sculpteur.

Les petits-enfants :
  • Charles-Antoine Coypel, 1694-1752, fils d'Antoine (il n'a que 4 ans de moins que son oncle Noël-Nicolas). Tous deux dans les pages de ce site.
  • Philippe Coypel 1703-1777, fils d'Antoine et donc frère de Charles.

Revenons à Caresme, agréé à l'Académie mais exclu le 16 décembre 1778 faute de n'avoir pas présenté son tableau de réception, surtout pastelliste, connu pour ses "Bacchanales" telles que celles-ci :

Jacques-Philippe Caresme

pastel

Bacchanale avec un Herma de Priape

1780, Plume, lavis et pastel, 26,2 x 20,8 cm
Musée d'Etat l'Hermitage, Saint-Pétersbourg

Les Hermaï étaient soit de simples pierres levées soit des statues, tête ou buste, dressées sur des socles quadrangulaires, qui marquaient les chemins et les carrefours.

Jacques-Philippe Caresme

pastel

Bacchanale

1780, Plume, lavis et pastel, 26,2 x 20,8 cm
Musée d'Etat l'Hermitage, Saint-Pétersbourg

Simon-Bernard Lenoir 1729-1791

Pastelliste-portraitiste abondant, proche de Chardin, qui produisit beaucoup mais n'eut jamais les honneurs de l'Acagémie.

Simon-Bernard Lenoir

pastel

Portrait de Voltaire

1764, Pastel, 59 x 49 cm
Collection particulière (Lekain), vente Ader

Ce portrait fut présenté au Salon de Saint-Luc de 1764. Voltaire a ici 28 ans de plus que sur le pastel de Delatour, le travail de ce petit maître soutient la comparaison.

Simon-Bernard Lenoir

pastel

Portrait de Lekain en Orosmane

1767, Pastel sur papier bleu marouflé sur toile,
quelques rehauts de gouache, 116 x 88 cm
Musée du Louvre (acquis en 2014), photo : Galerie de Bayser

Lekain (Caïn), grand tragédien de l'époque, en costume de scène (le sultan Orosmane de la pièce Zaïre) lié à Voltaire à qui il recommande Lenoir. Une autre version, à l'huile, se trouve à la Comédie Française.

Pierre Jacques Volaire 1729-1799

Toulonnais qui travailla comme assistant d'Horace Vernet pour la série des Ports de France commandée par Louis XV. Dans les années 60 il s'installe à Rome puis à Naples pour peindre moult Marines avec le Vésuve alors en éruption, et où il est mort. Son oeuvre a été négligée par la critique qui la jugeait trop populaire.
Souvent nommé Le Chevalier Volaire, titre qu'il doit à son entrée à l'Académie romaine de Saint-Luc. Notons que l'Hermitage et Larousse le font vivre jusqu'en 1802.

Pierre Jacques Volaire

pastel

Marine avec des pêcheurs sur un rocher

1774, Pastel sur papier marouflé sur toile, 53 x 65 cm
Saint-Pétersbourg, l'Hermitage

Voilà qui nous change des portraits et montre, s'il en était besoin, que le pastel dans des mains talentueuses peut tout faire.

Anton Raphael Mengs 1728-1779

Néo-classique germanique, très ambitieux dans ses écrits, grand voyageur, petit talent.

Anton Raphael Mengs

pastel

Auto-portrait

1779, Pastel sur papier 25,6 x 41,9 cm
Gemaldegalerie Alte Meister, Dresde

Anton Raphael Mengs

pastel

Etude de tête de femme

vers 1750, Pastel et craie noire sur papier gris, 41,5 x 32 cm
L'Hermitage, Saint-Petersbourg

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