Lascaux AUTOUR du PASTEL Picasso
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Un commerce enrichissant

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Cathédrale d'Amiens

Du lin et du chanvre colorés au pastel ont été retrouvés sur des sites datant du néolithique. Le goût pour la couleur est donc aussi vieux que l'humanité. Teindre ses vêtements bien sûr mais aussi directement sa peau. C'est d'ailleurs une inclination qui perdure : tatouage, henné, autobronzants ... Les celtes pour partir au combat se coloraient la peau au pastel*, mal préparé celui-ci donnait plutôt une sorte de mauvais vert ( ne voyez aucune connotation politique dans ce propos ! ). Les gaulois cultivaient la vouède et les uniformes des marins et des policiers anglais étaient toujours teints au pastel à la veille de la deuxième guerre mondiale. Une culture dans tous les sens du terme qui traverse les siècles et qui traverse aussi tout le continent eurasiatique et le sous-continent indien. Des échanges commerciaux se sont très tôt établis, défaits, reconstitués, des régions se sont consacrées au pastel, d'autres ont perdu leur hégémonie. Selon les périodes des villes s'enrichissent en quelques générations puis périclitent encore plus vite. Contentons-nous d'observer deux de ces régions, chez nous : la Picardie et le Languedoc.

En Picardie :

La terre normande et picarde est favorable à la waide. En revanche les textiles de qualité se trouvent plus au nord et en Grande-Bretagne. Les galettes durant tout le moyen-age sont expédiées vers les cités flamandes et anglaises, souvent échangées contre de la laine. Les profits sont tels que les négociants waidiers ont pu édifier la cathédrale d'Amiens, la plus grande de l'époque, en un temps très court. La richesse est considérable, c'est l'or bleu de Picardie.
Aprés 1650 et l'arrivée de l'indigo le chanvre et le lin prendront la place de la waide mais leurs revenus sont moindre, le colza qui s'installe au 19 ème siècle a le mérite de redorer les champs !

En Languedoc :

La terre dans l'Albigeois et plus encore celle de l'Auraguais - région de Castelnaudary - convient particulièrement bien au pastel. Introduite au 13 ème siècle, en provenance de l'Italie pour certains mais plus probablement d'Espagne, sa culture et son commerce vont faire la fortune des négociants toulousains. Les guerres de religion et l'arrivée de l'indigo en 1561 sonneront le glas de cette activité.

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Hotel d'Assezat à toulouse

En occitan, galette se dit "cacanhas", les boules de pulpe de pastel s'y nommeront tout naturellement "cocagnes". Le Pays de cocagne c'est le triangle compris entre Toulouse, Albi et Carcassone. Les expéditions vers Bordeaux par la Garonne et Marseille par Bézier atteignent 40 000 tonnes par an. A lui seul, Pierre d'Assezat, parti de rien et qui sera anobli et fait Capitoul, en exporte 1 000 tonnes par an. Son hôtel renaissance témoigne toujours de sa prospérité.

* Il n'est pas impossible qu'elle fasse partie de la potion magique de Panoramix, en tout cas les Schtroumpfs connaissent le glastrum.
Il se pourrait qu'il y en eût dans la soupe aux choux du Glaude pour le Bombé et la Denrée, bleeerlerleeebleea.

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